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DYSFONCTION ÉRECTILE: le Viagra rendrait-il sourd?

Une étude, publiée dans l’édition de mai 2011 de la revue scientifique The Laryngoscope, attire l'attention sur un effet secondaire possible et sérieux du sildenafil, le principe actif du Viagra.

L'utilisation des médicaments de la dysfonction érectile a «explosé», avec plus de 40 millions prescriptions émises à travers le monde depuis le lancement du Viagra (sildénafil) il y a une décennie.

Le Viagra et d’autres médicaments contre l'impuissance s’avèrent liés à des centaines de cas de perte soudaine de l'audition dans le monde entier, et notamment au Royaume-Uni. Il s’agit précisément de 47 cas de perte auditive neurosensorielle survenus brusquement en quelques heures ou jours chez des patients prenant le Viagra et autres produits similaires pour dysfonction érectile, des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5).

La perte auditive neurosensorielle est une affection rare, causée par des dommages aux structures de l’oreille interne, qui peut conduire à une perte auditive permanente. Cette étude révèle 47 cas de perte auditive associée à la prise de médicaments de cette classe thérapeutique. Deux tiers de ces cas sont survenus dans les 24 heures suivant la prise du médicament.

Cette étude, menée par des chercheurs de Charing Cross Hospital de Londres, du Stoke Mandeville Hospital et du Royal Marsden Hospital (Londres), suggère cependant qu'il ya un nombre croissant de preuves que le Viagra et d'autres médicaments de la même classe sont associés à certains effets secondaires. Le but de cette recherche, outre le fait d'examiner la littérature scientifique sur le sujet, est d'évaluer le nombre de cas suspects, et de proposer des explications possibles de ces effets. Une enquête auprès des organismes de pharmacovigilance des 5 continents sur les cas de surdité brusque intervenus chez les hommes et une analyse de ces cas ont été effectuées.

Les chercheurs ont donc montré que :

  • Les personnes touchées étaient âgées en moyenne de 56,6 ans,
  • 98% des personnes touchées souffraient d’une perte auditive d’une seule oreille,
  • dans 66,7% des cas, la perte auditive s'est produite dans les 24 heures de la prise du médicament,
  • dans plus de 50% de ces cas de perte auditive, le sildénafil (Viagra) est en cause.
  • En plus de ces 47 cas, 240 autres rapports de perte d'audition suivant l'utilisation de ces inhibiteurs ont été rapportés au système de déclaration de la FDA. Toutefois, ces cas ne sont pas inclus dans l'analyse finale.

Les chercheurs concluent à un plus grand nombre de preuves sur l’association PDE5 et perte auditive et suggèrent plusieurs mécanismes biologiques pour l’expliquer. Ces inhibiteurs, disent-ils, induisent une vasodilatation en réglant une voie chimique également impliquée dans le développement de la perte auditive.

Selon les chercheurs, ce type de médicaments nécessiteraient une surveillance continue. D’ores et déjà, aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA), qui réglemente les médicaments, conseille aux utilisateurs d'inhibiteurs PDE5, qui remarquent que leur audition se dégrade brutalement, d'arrêter le traitement immédiatement et de consulter un médecin.

L’Agence de réglementation (MHRA), supervise la sécurité des médicaments et confirme que les déclarations de perte auditive liées au Viagra sont très rares. Cependant, elle demande également aux hommes inquiets en raison d’effets secondaires du sildénafil ou d'autres PDE5 (tadlafil et le vardénafil) de consulter leur médecin.

Source: The Laryngoscope 2011; 121: 1049–1054 Viagra deafness—Sensorineural hearing loss and phosphodiesterase-5 inhibitors.

 

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Actualités

Frères et soeurs : amitié ou guerre fratricide ?

 

Les rivalités et les jalousies opposent les frères et les sœurs à tout âge. Cependant, ces sentiments et comportements sont particulièrement fréquents entre 3 et 6 ans, notamment du fait du complexe d’Œdipe.


Tout enfant souhaiterait avoir le monopole de l’amour du parent du sexe opposé, mais, à cette époque du complexe d’Œdipe, il découvre que non seulement ses parents s’aiment entre eux, mais encore qu’il doit partager leur affection avec un ou plusieurs autres enfants, qu’ils soient plus jeunes ou plus âgés.
L’enfant en est tout dépité : il veut tout pour lui seul et se retrouve avec une seule part, en présence de rivaux ou rivales……

Les parents ont souvent du mal à supporter les conflits opposant leurs enfants et toutes les disputes qui en découlent. Ils ressentent alors un sentiment de déception. Ils aimeraient que leurs enfants s’aiment comme eux les aiment, avec la notion de famille unie idéalisée !

Cependant, on ne peut pas faire l’économie des conflits : les bonnes relations fraternelles se bâtissent progressivement. Cette étape passe toujours par des phases d’opposition même parfois très marquée.

Par leur attitude, les parents peuvent éviter que les conflits ne prennent un tour trop violent ou trop durable. Tout d’abord en mettant des limites et surtout pas de favoritisme envers le petit dernier ni de sévérité accrue vis à vis de l’aîné.

La rivalité est d’abord ressentie par l’aîné à l’égard du cadet. L’enfant a bien entendu qu’il allait bientôt avoir une petite sœur ou un petit frère, mais en général, il n’y a pas vraiment cru : d’où viendrait ce « nouveau » ? Bien sûr, la mère a un gros ventre, mais d’ici à ce qu’il en sorte un bébé…. Et puis un beau jour, la mère s’absente et ne revient pas seule.

Au début, la mère est fatiguée et s’occupe surtout du nouveau-né ; elle lui demande de ne pas toucher le bébé et de ne pas faire trop de bruit. Pourtant ce nouveau venu est bien intéressant avec son petit corps ; ce serait amusant de le faire bouger et de lui ouvrir les yeux. L’enfant est très curieux et a besoin d’un contact physique avec le bébé. Il en prend possession devant les étrangers « c’est mon bébé ».

Une certaine déception peut naître de l’impression d’être négligé ; la mère accorde fatalement moins de temps à l’aîné, qui en éprouve de la jalousie. Les parents doivent donc faire très attention au favoritisme, et rassurer l’aîné en lui témoignant fréquemment leur affection.
En même temps, on est bien obligé de retenir l’enfant pour protéger le petit être encore très fragile. Il faut d’autant être vigilant que l’aîné peut très bien pratiquer des jeux agressifs sans s’en rendre compte.

On sait aussi que la vue d’un nouveau-né donne envie à l’enfant d’être traité comme lui, et qu’en conséquence il peut régresser dans certaines activités. Les parents devraient accepter ce comportement sans y attacher trop d’importance ; une attitude trop intransigeante risquerait de provoquer des conflits inutiles.

L’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur est donc à l’origine de bien des contraintes pour l’aîné, qui peut manifester ouvertement des sentiments hostiles. Il existe aussi des actions ambivalentes : l’enfant qui embrasse le bébé avec un tel enthousiasme qu’il risque de l’étouffer est mu par un curieux mélange de tendresse et de haine. Finalement, cette agressivité est banale et doit être considérée comme une phase naturelle. Petit à petit, l’aîné comprendra que ce nouveau venu ne retire rien à l’amour que lui portent ses parents, et il consentira à lui faire une place. Il ne faut surtout pas juger ses actes sur le plan de la morale parce qu’ils ne sont ni intentionnés ni calculés.

Les enfants peuvent aussi manifester leur hostilité de façon voilée. Celle ci est déguisée en indifférence exagérée, et la décision des parents de ne pas intervenir est judicieuse.

D’une façon générale, il faut protéger le bébé contre d’éventuelles violences, mais sans pour autant culpabiliser l’aîné. Bien que les parents le souhaitent de tout leur cœur, on doit bien admettre que rien n’oblige les frères et sœurs à s’aimer. L’affection ne se commande pas ; si elle est forcée, elle ne saurait être sincère.

Partenaire passif dans les premiers temps, le cadet a très vite son mot à dire. Il joue alors un rôle actif dans les rapports fraternels. Le bébé est très attiré par les enfants plus âgés, qui le sentent bien. Il cherche à les imiter et se sent honoré lorsqu’ils consentent à jouer avec lui.

Les conflits commencent lorsque le plus petit vient s’imposer dans des jeux qui ne sont pas de son âge, quand il veut prendre les jouets de l’aîné ou mener la même vie que lui. Néanmoins, cette rivalité est très stimulante et souvent il progresse plus rapidement que l’aîné : il parle plus tôt et s’éveille plus aisément à certaines activités ; il commence parfois à lire dans le livres des « grands » qui ne demandent pas mieux que de l’initier à une science nouvellement acquise.

Il y a véritablement un problème quand les enfants font intervenir les parents dans leurs disputes. Les choses risquent alors de s’envenimer car les enfants peuvent avoir un sentiment d’injustice. Bien que ce soit très difficile, il faut donc s’efforcer de toujours conserver un équilibre entre les enfants, de ne jamais se laisser aller au favoritisme même le plus léger car le chouchoutage exaspère l’enfant qui se sent délaissé.

En outre, dans la mesure où il n’y a pas de danger physique, il est préférable de ne pas entrer dans le conflit. Les parents conserveront ainsi le respect dû à l’arbitre impartial, et les enfants apprendront à régler leurs affaires eux-mêmes.

Afin d’éviter d’aggraver les conflits qui opposent les frères et sœurs, rappelons-nous que :

- l’hostilité de l’aîné à l’égard du cadet correspond à une évolution naturelle, de même que la jalousie du cadet quand il voit que certaines choses sont permises au grand et pas à lui. Ces sentiments sont des étapes nécessaires au développement.

- Ces conflits persisteront sous des formes plus ou moins ouvertes bien au-delà de l’âge de raison, mais ils ont une action bénéfique puisqu’ils permettent à chaque enfant de se distinguer de ses frères et sœurs et de renforcer son autonomie.

Cependant, ces considérations générales semblent parfois tellement théoriques et lointaines pour les parents excédés par les chamailleries incessantes de leur marmaille. Voici un petit conseil pratique : les enfants éprouvent le besoin de se réserver des espaces différents. Malgré les difficultés inhérentes à la vie en appartement, il faut s’efforcer de leur ménager à chacun un coin où ils pourront jouer tranquillement lorsque l’envie de solitude se fera sentir. De même, on peut favoriser leur séparation temporaire : activités extra-scolaires différentes….. Il est également possible de les séparer pendant les vacances. Il est permis d’espérer que les retrouvailles seront chaleureuses ou tout du moins que l’hostilité sera apaisée.

Si vraiment la situation s’envenime, parlez-en au pédiatre ou allez consultez avec tout ce petit monde un psychologue (notamment en PMI).

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