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Perte auditive et démence (Alzheimer)

Une étude menée par des chercheurs de l'École de médecine Johns Hopkins, cofinancée par le National Institute on Aging (NIA), a été publiée dans l’édition du 2 février 2011 des Archives of Neurology.

Selon cette étude, la perte auditive pourrait être soit un marqueur de la démence à un stade précoce soit un facteur direct de risque de démence.

Quelle que soit la réponse, la conclusion de cette étude pourrait conduire à des interventions précoces contre la maladie d'Alzheimer. En effet, pour chaque tranche de 10 décibels de perte auditive, il y a augmentation de 27% du risque de développer une démence plus tard au cours de la vie.

Pour cette étude, 639 adultes âgés de 39-90 ans ont été suivis durant environ 12 années afin de découvrir si la perte auditive est susceptible d’annoncer le développement d’une démence. Les participants ont passé des tests auditifs : audition normale (<25 décibels [dB], 455 personnes), perte auditive légère (25-40 dB, 125 personnes), perte auditive moyenne (41-70 dB, 53 personnes) ou perte sévère d'audition (> 70 dB, 6 personnes). Ils ont également passé des évaluations cognitives chaque année puis tous les quatre ans, et des critères standard ont été utilisés pour diagnostiquer la démence.

Si 9% des participants ont développé une démence pendant cette période, les participants, de la Baltimore Longitudinal Study of Aging, souffrant de perte auditive au début de l'étude se sont avérés à risque plus élevé.

Les participants avec la perte auditive la plus importante au début de l’étude sont plus susceptibles une fois plus âgés de développer une démence. Ainsi, au cours du suivi, 58 personnes (9,1%) ont développé une démence dont 37 cas de maladie d'Alzheimer.

  • Dans le groupe audition normale, 4,4% ont développé une démence,
  • Dans le groupe perte auditive légère, 16,8% ont développé une démence,
  • Dans le groupe perte auditive moyenne, 28,3% ont développé une démence,
  • Dans le groupe une perte auditive sévère, 33,3%  ont développé une démence.

 

Après ajustement, pour chaque tranche de 10 décibels de perte auditive, il y a augmentation de 27% du risque de développer une démence au cours de la période de suivi (OR : 1,27 IC 95% 1,06 à 1,50).

Ainsi, la perte auditive serait associée de manière indépendante à la démence. Cependant, des études supplémentaires restent nécessaires pour déterminer si la perte auditive peut être un marqueur de la démence à un stade précoce, ou si la perte auditive impacte directement le risque de démence.

(Archives of Neurology 2011)

 

Commentaires  

 
0 #2 10-03-2011 19:39
bonsoir Pierrette, la surdité n'est pas une cause obligatoire de démence. Une personne peut devenir démente sans avoir de troubles de l'audition, et inversement, une personne ayant des troubles de l'audition ne développera pas forcément une démence.
La surdité non détectée ou non "appareillée" peut amener une personne à s'isoler, déprimer, car elle se retrouve coupée de toute conversation, etc....
Concernant l'étude, vous trouverez l'article de "Archives of Neurology" sur internet mais certainement en anglais.
N'hésitez pas à nous contacter : www.conseil-psy.fr
Cordialement
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0 #1 10-03-2011 15:28
2 questions s'il vous plaît

Est-ce que la surdité peut-être héréditaire et ne pas être une cause de démence?
Sans être de la démence, est-ce que la surdité peut causer une sorte de d'isolement, de perte de contact avec le quotidien, de déprime, etc sans dégénérer vers la démence.
Merci de l'intérêt que vous porterez à ma demande.
J'aimerais plus de détails sur cette étude.
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Enfants et tabagisme passif

Des chercheurs de l’Institute of Environmental Medicine (IMM) du Karolinska Institute (Suède) avec une équipe d’experts de l’OMS ont réalisé une première série d'estimations de l'exposition au tabagisme à travers le monde.

Les chercheurs ont d’abord estimé l’ampleur de l'exposition à travers le monde à la fumée secondaire puis la charge de morbidité chez les enfants et les adultes non-fumeurs (en 2004). La charge du tabagisme passif a été estimée à partir du nombre de décès et d’années de vie d’invalidité ajustées (disability-adjusted life-years ou DALY) pour les enfants et les adultes non-fumeurs. Les calculs étaient basés sur des estimations du risque relatif des différentes maladies spécifiques réalisées à partir de données de 192 pays.

Les résultats publiés dans l’édition en ligne du Lancet du 26 novembre sont impressionnants :

- le tabagisme passif provoque 603.000 décès prématurés par an à travers le monde, dont 165.000 sont des décès d’enfants, écrit le Dr Annette Prüss-Üstün, co-auteur de l’étude. 40% des enfants dans le monde, 33 à 34 % des non fumeurs seraient donc exposés au tabagisme passif. La « fumée secondaire » provoquerait  chaque année dans le monde, 379.000 décès par AVC, 165.000 par infections respiratoires, 36.900 par crise d’asthme et 21.400 par cancer du poumon.

- cause d’invalidité… surtout chez les enfants : environ 11 millions d’années d’invalidité chaque année, seraient liées au tabagisme passif.  

Ainsi, près de 6 millions d’enfants souffriraient d’infections respiratoires et 1,2 d’asthme, liés toujours à l’exposition à la fumée du tabac. Deux tiers de ces décès surviennent en Afrique et au sud de l’Asie.

Les auteurs de cette recherche lancent un cri d'alerte car ces estimations de la charge mondiale de morbidité attribuable au tabagisme passif montrent que des gains substantiels pour la santé pourraient être apportés par une stratégie de lutte beaucoup plus intensive de réduction du tabagisme passif dans le monde entier.

 

(The Lancet  « Worldwide burden of disease from exposure to second-hand smoke: a retrospective analysis of data from 192 countries »)

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